
Macky / Fondateur

C'est la première question que l'on nous pose depuis que ChatGPT affiche de la publicité en Europe, et c'est la bonne : combien ça coûte ? Pendant des semaines, la réponse honnête était « on ne sait pas ». Elle a changé : OpenAI publie désormais ses modèles de tarification, ses montants minimaux par pays, son fonctionnement de facturation et une fourchette d'enchère recommandée.
Voici ce que dit la documentation officielle, avec les pièges que personne ne vous expliquera au moment de saisir votre carte bancaire. Et une mise en garde dès l'introduction : connaître le prix d'entrée n'est pas connaître le rendement. C'est le point le plus important de cet article, nous y revenons à la fin.
Trois façons de payer, et une qui trompe presque tout le monde
Au moment de créer une campagne, vous choisissez un objectif : il détermine ce que vous achetez et comment vous êtes facturé. Il y en a trois, et il n'est pas modifiable après la création de la campagne.
Le CPM, pour être vu
CPM signifie coût pour mille impressions. Objectif Portée : vous payez par tranche de 1 000 affichages, que les gens cliquent ou non. C'est le modèle de la notoriété, utile si vous lancez une marque ou un lieu, beaucoup moins si vous cherchez des demandes de devis cette semaine.
Le CPC, pour être visité
CPC signifie coût par clic. Objectif Clics : vous payez à chaque clic valide vers votre site. C'est le modèle de tous ceux qui ont déjà fait du Google Ads, et celui par lequel la plupart des PME commenceront.
L'oCPC, celui qu'il faut avoir compris avant de le choisir
L'oCPC est un coût par clic optimisé pour les conversions : le système cherche les personnes les plus susceptibles d'effectuer l'action que vous avez définie, un achat ou l'envoi d'un formulaire.
Voici le point contre-intuitif, écrit noir sur blanc dans la documentation : l'oCPC est facturé au clic valide, pas à la conversion. Le plafond d'enchère que vous saisissez correspond au montant maximal accepté pour une conversion, mais ce n'est ni un prix par conversion, ni un coût d'acquisition garanti. Vous payez toujours les clics, y compris ceux qui ne convertissent pas.
S'y ajoutent deux contraintes. Une campagne oCPC n'accepte qu'un seul événement de conversion standard, non modifiable après création, et une campagne CPM ou CPC existante ne peut pas être convertie en oCPC. Enfin, OpenAI précise ne recommander aucun montant d'enchère pour l'oCPC à ce jour. Vous démarrez donc sans repère.
Le seul chiffre concret : 3 à 5 dollars par clic pour démarrer
L'enchère maximale se définit au niveau de l'ensemble de publicités, en CPM maximum ou en CPC maximum selon l'objectif. Elle est obligatoire pour les campagnes Clics et se laisse vide pour les campagnes Portée. Et c'est là qu'OpenAI donne le seul chiffre vraiment exploitable de toute sa documentation : pour une campagne au CPC, la recommandation officielle est de commencer par une enchère maximale de 3 à 5 USD par clic.
Lisez bien ce que ce chiffre est, et ce qu'il n'est pas. C'est une enchère de départ, le prix plafond que vous acceptez pour une visite. Ce n'est pas votre coût réel par clic, généralement inférieur, et surtout pas un coût par client. Si un visiteur sur vingt vous contacte, la même fourchette devient 60 à 100 dollars par contact, avant même de savoir combien de contacts deviennent des clients. C'est ce calcul, et pas l'enchère, qui doit décider à votre place.
Le système fonctionne par enchères au second prix pondérées par la pertinence : la place ne va pas mécaniquement au plus offrant, et le gagnant paie un montant lié à l'enchère suivante plutôt que son propre plafond. Une annonce mal ciblée ne se rattrape donc pas à coups de budget. Le Gestionnaire de publicités indique au passage si votre enchère est susceptible d'être compétitive ou de limiter votre diffusion.
Le minimum quotidien par pays, et l'absence remarquée du franc suisse
OpenAI publie un tableau des dépenses minimales par campagne et par jour. Le voici tel quel.
Pays | Minimum quotidien |
|---|---|
Australie | 25 AUD |
Brésil | 40 BRL |
Canada | 25 CAD |
Inde | 725 INR |
Japon | 2 500 JPY |
Mexique | 150 MXN |
Nouvelle-Zélande | 25 NZD |
Corée du Sud | 25 000 KRW |
Royaume-Uni | 15 GBP |
États-Unis | 25 USD |
Regardez ce qui manque : ni le franc suisse, ni l'euro. Ce n'est pas un oubli, c'est cohérent avec le fait que les comptes annonceurs ne sont ouverts ni en Suisse ni en France, sujet détaillé dans notre article sur la plateforme et l'accès depuis la Suisse. Aucun minimum en CHF ou en EUR n'est annoncé à ce jour, et nous ne l'inventerons pas à votre place.
L'ordre de grandeur, lui, se lit sans difficulté : environ 25 unités de devise par jour, soit environ 750 par mois, par campagne. Avant tout honoraire d'agence, avant la production des visuels, des textes et des pages de destination. Pour la plupart des PME du Grand Genève, ce n'est pas un test discret glissé dans un budget existant, c'est une ligne à part entière qui prend la place d'autre chose.
Budget quotidien ou budget total : un choix définitif
Deux options existent au moment de créer la campagne. Le montant reste modifiable ensuite, mais le type de budget, lui, ne l'est pas : ce choix vous engage pour toute la durée de la campagne.
Le budget quotidien n'est pas un plafond ferme par journée. C'est une moyenne calculée sur sept jours. Les dépenses d'une journée donnée peuvent atteindre deux fois le montant fixé, et le total sur sept jours ne peut pas dépasser sept fois ce montant. Une campagne de sept jours à 100 dollars par jour plafonne à 700 dollars, mais vous pouvez voir 180 dollars sur un mardi.
Le budget total de campagne contrôle plus strictement la dépense globale. Mais OpenAI l'écrit explicitement : c'est une limite de dépense, pas un contrôle du rythme. Le budget n'est pas réparti uniformément et peut se consommer très vite. Un budget de 3 000 dollars prévu pour le mois peut partir en quelques jours.
Pour un premier essai, la recommandation officielle est de commencer par un budget quotidien. C'est aussi la nôtre : c'est celui dont le comportement est prévisible.
La facturation, la partie que personne ne vous explique
C'est ici que se cachent les vraies surprises. Relisez cette section avant d'enregistrer une carte : cette mécanique fait partie de ce qu'il faut préparer en amont, au même titre que les éléments listés dans notre article sur la création du compte annonceur.
Vous payez après diffusion. Le modèle est à terme échu : les annonces tournent d'abord, la facturation suit.
Une autorisation temporaire de 100 USD est appliquée à l'ajout de votre carte. Levée après vérification, elle peut rester visible sur votre relevé jusqu'à sept jours selon votre banque. Ce n'est pas un prélèvement mais un blocage : prévenez la personne qui suit vos comptes.
Le seuil de paiement est la notion la plus mal comprise. Il n'a rien à voir avec votre budget ni avec un plafond de dépenses. C'est le montant de dépenses accumulées à partir duquel votre carte est débitée. L'exemple officiel donne un seuil à 25 USD : dès 25 USD consommés, la carte passe. Les nouveaux annonceurs commencent avec un seuil bas, qui augmente automatiquement à mesure que les paiements aboutissent. Et ni vous ni le support d'OpenAI ne pouvez le modifier. Attendez-vous donc à plusieurs prélèvements dans le mois plutôt qu'à une facture unique.
Le solde restant est prélevé en fin de mois, même si le seuil n'est pas atteint.
Des frais peuvent encore tomber jusqu'à 24 heures après la suspension d'une campagne. Mettre en pause n'arrête pas la facturation à la seconde. Gardez cette marge en tête si vous coupez parce que le budget est épuisé.
Le moyen de paiement doit correspondre à l'entité juridique et au pays du compte. Une carte rattachée à un autre pays peut être refusée. Et comme le pays, la devise et le fuseau horaire ne sont pas modifiables après création, une erreur à l'inscription oblige à recréer un compte.
En cas d'échec de paiement, la diffusion s'arrête et vos campagnes passent en statut « Non diffusé ». Personne ne vous appellera pour le signaler.
Le réglage par défaut qui ne vous garantit rien
Un dernier point, pour tous ceux qui laisseront les paramètres tels qu'ils arrivent. La stratégie d'enchères « Maximiser les résultats » est sélectionnée par défaut pour les nouveaux groupes d'annonces éligibles : ChatGPT Ads fixe et ajuste alors vos enchères automatiquement.
Ce que dit la documentation, et qu'il faut avoir lu : cette stratégie privilégie le volume et ne garantit aucun coût par acquisition, aucun coût par clic ni aucun retour sur investissement cible. Pour imposer une limite ferme, il faut basculer sur le mode manuel avec enchère maximale, dans la section Stratégie d'enchères du groupe d'annonces. Ce n'est pas caché, mais ce n'est pas le chemin par défaut : un dirigeant qui saisit un budget et clique sur lancer aura, sans le savoir, confié le pilotage de sa dépense à un système optimisé pour le volume.
Ce que ces chiffres ne vous disent pas
S'arrêter à un tableau, une fourchette d'enchère et une liste de pièges reviendrait à ne vous donner que la moitié de l'équation. OpenAI écrit lui-même, dans sa foire aux questions officielle, qu'il n'existe pas encore de références de performance couvrant les annonceurs, les secteurs ou les types de campagnes. Pas de taux de clic moyen par secteur, pas de coût par acquisition de référence, sur aucun marché, y compris aux États-Unis où le test tourne depuis février 2026. La plateforme est en bêta, et les systèmes de diffusion, l'inventaire et les formats vont continuer à changer.
Retenez cette distinction, c'est ce que vous devez emporter de cet article : on connaît aujourd'hui le prix d'entrée de ChatGPT Ads, pas son rendement. Un minimum de 25 unités de devise par jour et une enchère de 3 à 5 dollars par clic vous disent ce que vous allez dépenser, pas ce qu'un client acquis par ce canal vous coûtera. Quiconque vous annonce un coût par lead sur ChatGPT Ads aujourd'hui l'invente : la donnée n'existe publiquement nulle part.
Notre position est simple. Tant que le compte annonceur n'est pas ouvert en Suisse, la seule dépense rationnelle est la préparation : rendre votre site accessible aux robots d'OpenAI, écrire vos pages de destination par intention, et calculer à l'avance ce qu'un contact peut vous coûter avant de devenir déficitaire. Nous détaillons cet arbitrage dans notre article sur l'opportunité d'y aller maintenant. Si vous voulez que nous fassions ce calcul avec vos vrais chiffres de marge et de conversion, demandez un devis. Trente minutes suffisent à savoir si ce canal a une chance d'être rentable chez vous.
Dans la même série
Cet article fait partie d'une série de neuf, publiée le 24 août 2026, au moment du déploiement européen de ChatGPT Ads.
Publicité dans ChatGPT : ce que c'est vraiment, et ce que ça change pour votre entreprise
ChatGPT Ads : la plateforme publicitaire d'OpenAI, et qui peut y accéder depuis la Suisse
Où et comment les annonces apparaissent dans ChatGPT : les bases à connaître
Ads Manager d'OpenAI : à quoi sert l'outil de gestion des campagnes ChatGPT
Créer son compte annonceur ChatGPT Ads : ce qu'il faut préparer avant de se lancer
Lancer sa première campagne ChatGPT Ads : le guide étape par étape
ChatGPT Ads : faut-il y aller maintenant quand on est une PME du Grand Genève ?
OAI-AdsBot : comment autoriser les robots d'OpenAI sur votre site (et pourquoi c'est urgent)
Sources
OpenAI, Les publicités dans ChatGPT : les bases (modèles CPM et CPC, enchère recommandée de 3 à 5 USD, enchères au second prix), consultée le 24.08.2026
OpenAI, Créer des campagnes pour ChatGPT Ads (tableau des dépenses minimales quotidiennes, objectifs CPM, CPC et oCPC), consultée le 24.08.2026
OpenAI, centre d'aide ChatGPT Ads, pages Budgets quotidiens, Facturation et paiement, Stratégie d'enchères Maximiser les résultats, Foire aux questions, consultées le 24.08.2026
OpenAI, Démarrage rapide : lancez votre première campagne, consultée le 24.08.2026
OpenAI, formulaire annonceurs pour les pays non encore ouverts, consulté le 24.08.2026
