
Macky / Fondateur

La publicité dans ChatGPT est déployée depuis aujourd'hui, 24 août 2026, dans 31 marchés européens dont la Suisse et la France. L'outil avec lequel un annonceur crée et pilote ses campagnes s'appelle Ads Manager. Il est en bêta.
Une précision d'abord : voir des annonces dans ChatGPT et en acheter sont deux choses différentes. Au 24 août, le compte annonceur n'est ouvert que dans neuf pays, et ni la Suisse ni la France n'en font partie : les deux figurent en « bientôt disponible ». Cet article sert donc à comprendre l'outil avant de pouvoir y toucher. Le détail de l'accès est dans notre article sur la plateforme et son ouverture depuis la Suisse.
Tout ce qui suit vient de la documentation officielle d'OpenAI, consultée le 24 août 2026. C'est une bêta, et OpenAI écrit noir sur blanc que les systèmes de diffusion, l'inventaire et les formats vont changer : les chiffres cités sont ceux du jour, pas des constantes.
Comment l'outil est organisé
La structure est celle que vous connaissez si vous avez déjà touché à Google Ads ou au gestionnaire de publicités de Meta, en trois niveaux :
la campagne porte l'objectif, le budget, les dates et le ciblage par pays ;
le groupe d'annonces porte l'enchère, les indices de contexte et un thème unique ;
l'annonce porte le titre, le texte, l'image et la page de destination.
On crée soit par un parcours guidé, soit par import en masse d'un fichier, dans la limite de 5 000 campagnes, 5 000 groupes d'annonces et 5 000 annonces par compte. Les paramètres de compte couvrent les membres, les autorisations, les clés API, la facturation et les journaux des modifications.
Trois objectifs de campagne, et un choix irréversible
L'objectif détermine la façon dont vous payez. Il y en a trois :
CPM : vous payez par tranche de 1 000 impressions. Objectif de portée et de notoriété.
CPC : vous payez à chaque clic valide. Objectif de trafic.
oCPC : coût par clic optimisé pour les conversions. Attention, la facturation reste au clic, pas à la conversion. Le plafond d'enchère que vous fixez est un montant maximal pour une conversion, mais il ne constitue ni un prix par conversion ni un coût d'acquisition garanti.
Le point à retenir : l'objectif ne peut pas être modifié après la création de la campagne. Une campagne CPM ou CPC ne peut pas être convertie en oCPC. En oCPC, un seul événement de conversion standard par campagne, lui aussi figé après création, et les événements personnalisés ne sont pas pris en charge. Vous vous trompez, vous recréez.
Les enchères, et ce que le mode par défaut ne promet pas
Deux stratégies. Maximiser les résultats est sélectionnée par défaut pour les nouveaux groupes d'annonces éligibles : ChatGPT Ads fixe et ajuste les enchères tout seul. OpenAI précise qu'elle ne garantit aucun CPA, CPC ou ROAS cible et qu'elle privilégie le volume. L'alternative est le mode manuel avec enchère maximale, à choisir explicitement dans la section Stratégie d'enchères du groupe d'annonces si vous voulez une limite ferme.
L'enchère maximale se définit au niveau du groupe d'annonces. Pour les campagnes au clic, OpenAI recommande de démarrer entre 3 et 5 dollars par clic, et l'interface indique si une enchère est susceptible d'être compétitive ou de limiter la diffusion. Pour l'oCPC, OpenAI dit ne recommander aucun montant à ce jour. Le système fonctionne au second prix pondéré par la pertinence.
Traduisons : à 3 ou 5 dollars le clic, la question n'est pas le prix du clic mais ce que vaut une visite chez vous. Un bureau d'études qui signe une mission à cinq chiffres et un restaurant qui vend un menu à 22 francs n'ont pas la même réponse.
Les budgets, et le piège du mot « quotidien »
Le budget quotidien n'est pas un plafond journalier ferme. C'est une moyenne sur sept jours. Concrètement :
la dépense d'une journée donnée peut atteindre deux fois votre budget quotidien ;
la dépense sur sept jours ne peut pas dépasser sept fois ce budget. Exemple officiel : 100 dollars par jour sur une campagne de sept jours plafonne à 700 dollars au total ;
si vous modifiez le budget en cours de journée, le plafond du jour se calcule sur le montant le plus élevé actif ce jour-là. Passer de 100 à 110 dollars donne un plafond de 220 dollars pour la journée.
L'alternative est le budget total de campagne, qui contrôle plus strictement la dépense globale. OpenAI prévient toutefois que c'est une limite de dépense et non un contrôle du rythme : le budget n'est pas réparti uniformément et peut se consommer très vite. Là encore, le type de budget n'est pas réversible une fois la campagne créée, même si le montant, lui, reste modifiable. La recommandation officielle pour un débutant est de commencer par un budget quotidien.
Le ciblage disponible
Trois leviers, et deux d'entre eux ne vous serviront pas.
Le pays, et rien de plus fin chez nous
Le ciblage géographique se fait par pays au niveau de la campagne. Les États, les zones de diffusion et les codes postaux ne sont disponibles qu'aux États-Unis. Ailleurs, la granularité varie selon le marché et un catalogue de lieux est téléchargeable. Pour un artisan d'Annemasse ou un commerçant de Carouge, cela veut dire qu'il faut se préparer à cibler un pays entier, avec la déperdition que cela suppose.
La plateforme
Vous pouvez cibler l'application iOS, l'application Android, le Web, ou plusieurs de ces options. Le Web couvre l'ordinateur et le web mobile. Détail utile pour lire vos rapports : le web mobile y est regroupé sous « Mobile ».
Les audiences personnalisées, hors de portée
On peut importer une liste clients, par e-mail ou par téléphone, pour l'inclure, l'exclure ou lui appliquer un multiplicateur d'enchère. Le chiffre qui tranche : il faut au minimum 25 000 utilisateurs correspondants pour qu'une audience soit utilisable, et OpenAI en recommande au moins 100 000. En dessous, le statut affiché est « trop petite ».
Disons-le franchement : aucun restaurant, aucun artisan, aucun bureau d'études du Grand Genève n'a 25 000 adresses e-mail clients. Ce levier est structurellement inaccessible à nos tailles d'entreprise, et il le restera. Ajoutez à cela que les publicités personnalisées ne sont pas disponibles dans un premier temps dans l'Espace économique européen ni en Suisse, et il ne vous reste qu'un seul levier réel : le contexte de la conversation, la langue et le pays. C'est aussi le sujet de notre article sur ce que ce nouveau canal change concrètement.
Les indices de contexte, la vraie différence avec Google Ads
Sur Google, vous achetez des mots-clés. Ici, vous fournissez au niveau du groupe d'annonces des indices de contexte : des descriptions, en langage naturel, des conversations pour lesquelles votre offre est pertinente. Ce ne sont ni des critères de correspondance exacte, ni des règles de ciblage d'audience, et ils ne garantissent aucune diffusion sur un mot ou un sujet précis.
L'exemple donné par OpenAI est parlant : plutôt que « chaussures de course », écrire « chaussures de course quotidiennes amorties pour les débutants qui s'entraînent pour leur premier 5 km ». Les bons indices décrivent des besoins et des situations, pas des catégories d'audience, et restent sur un seul thème par groupe d'annonces. Nous détaillons la méthode d'écriture dans notre article sur le lancement d'une première campagne.
Autre point à connaître : OpenAI explore votre page de destination non seulement pour vérifier sa conformité mais aussi pour déterminer quand votre annonce est la plus pertinente. Votre page nourrit donc le ciblage. Ce n'est pas le cas sur Google Ads de la même façon.
Les rapports, et leurs délais
Les indicateurs, disponibles à tous les niveaux, sont les impressions, les clics, les dépenses, le taux de clic, le CPC moyen, le CPM moyen et les conversions. Vues en tableau, en graphique, exports CSV. Des macros d'URL et les paramètres UTM permettent de recoller ces données à vos propres outils.
Trois précautions de lecture, toutes documentées :
Comptez jusqu'à 7 heures entre la diffusion et l'apparition des impressions, et 24 à 48 heures pour que les conversions attribuées remontent. Ne concluez rien le premier soir.
Les conversions après affichage sont comptabilisées séparément, sur une fenêtre d'un jour non configurable. Elles ne s'additionnent pas au total des conversions et ne servent pas à calculer un coût par acquisition.
OpenAI reconnaît lui-même que ses chiffres différeront de ceux de Google Analytics, et qu'un écart n'indique pas nécessairement une erreur.
Deux fonctions à connaître, une seule utile à la plupart
Les modifications en masse, par export puis réimport du schéma, servent aux changements structurels. Un détail qui coûte cher si on l'ignore : à l'import, les indices de contexte fournis remplacent la liste existante au lieu de s'y ajouter.
Les flux de produits permettent de créer des campagnes depuis un catalogue, avec image, prix, prix promotionnel, marque et notes en étoiles. C'est la seule fonction pour laquelle OpenAI donne une indication de performance, en affirmant que ces publicités comptent parmi les plus performantes de son programme à ce jour. Cela ne concerne que le commerce de détail avec un catalogue. Sans objet pour un restaurant, un artisan ou un bureau d'études.
Ce que ça veut dire pour une PME du Grand Genève
Trois constats, sans emballage.
Un, l'outil est lisible pour qui connaît déjà Google Ads. Ce n'est pas une nouvelle discipline, c'est une nouvelle régie, avec ses irréversibilités propres : objectif, type de budget et événement de conversion se décident une fois pour toutes.
Deux, les leviers de ciblage sophistiqués ne sont pas pour vous. Pas de personnalisation en Suisse, pas d'audiences clients en dessous de 25 000 personnes, pas de ciblage à la commune. Ce qui vous reste, ce sont vos indices de contexte et votre page de destination. Autrement dit, ce que vous savez de vos clients et la qualité de votre site, pas le paramétrage.
Trois, et c'est OpenAI qui l'écrit : « il n'existe pas encore de références de performance couvrant les annonceurs, les secteurs ou les types de campagnes ». Personne ne peut donc vous dire ce que rapportera un franc investi ici. Le volume de recherche à intention locale dans ChatGPT reste par ailleurs très inférieur à celui de Google : c'est un différenciateur de positionnement, pas un canal d'acquisition prouvé.
Notre position : comprenez l'outil, préparez votre site, ne déplacez pas votre budget principal. Si vous voulez qu'on suive le sujet pour vous pendant que vous faites tourner votre entreprise, regardez notre approche de la publicité en ligne.
Dans la même série
Cet article fait partie d'une série de neuf, publiée le 24 août 2026, au moment du déploiement européen de ChatGPT Ads.
Publicité dans ChatGPT : ce que c'est vraiment, et ce que ça change pour votre entreprise
Combien coûte la publicité sur ChatGPT ? Les prix, les budgets et les pièges
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Créer son compte annonceur ChatGPT Ads : ce qu'il faut préparer avant de se lancer
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ChatGPT Ads : faut-il y aller maintenant quand on est une PME du Grand Genève ?
OAI-AdsBot : comment autoriser les robots d'OpenAI sur votre site (et pourquoi c'est urgent)
Sources
OpenAI, Présentation d'Ads Manager Beta, consulté le 24.08.2026
OpenAI, centre d'aide ChatGPT Ads (pages Budgets quotidiens, Stratégie d'enchères, Créer des groupes d'annonces, Audiences personnalisées, Flux de produits, Modifier les campagnes, Foire aux questions), consultées le 24.08.2026
